BERNARD Nathalie

Né d’entre les morts

 

Les brumes épaisses de l’Ecosse du quatorzième siècle abritent un manoir où une jeune fille, Cornelia, est soustraite au monde des vivants par ses trois tantes, sorte de réminiscence des trois Parques.

Une nuit, une silhouette  inespérée se profile dans le lointain. Un homme étrange lui ouvre les portes de sa geôle. Il lui apprend ses origines et lui fait un présent inestimable, l’immortalité.

La liberté qu’il lui offre alors l’enchaîne à une soif inextinguible de sang,  une sensibilité au soleil et  à  une décrépitude physique qui l’assaille chaque soir. Pour pallier à cela, elle devient une prédatrice  insatiable.

La succession infinie des nuits finit par lui apporter un profond ennui. Trois siècles s’écoulent et c’est un jeune homme au visage d’ange qui vient lui réchauffer le cœur refroidit par une vie de solitude et de ténèbres.

Elle décide de trouver un remède à l’élixir qui l’a transformée en un être de nuit et de mort. Commence alors son périlleux voyage dans les rues du Paris du XIX siècle puis à bord du célèbre Orient express.

L’auteur nous offre sa vision du vampire, les recherches d’un homme nommé Tristan Mc Pherson qui aspire ardemment à l’immortalité et exécute ses travaux en utilisant tel le comte de saint Germain, l’alchimie et l’ésotérisme. Le résultat comporte cependant des revers telle qu’une soif de sang insurmontable et un processus de vieillissement accéléré produit par la réaction aux chocs émotionnels, Tristan ayant été un humain avant de sublimer sa nature pour devenir vampire. Cette  fragilité émotionnelle se retrouve surtout chez Cornelia qui désire retrouver son essence humaine.            

 L’autre point intéressant est la généalogie des vampires du roman qui découlent d’un seul père, Tristan.

Le style envoûtant  nous fait participer aux aventures de Cornelia dont la mélancolie nous fait prendre conscience du poids de l’immortalité.

Elle cherche sa propre personnalité car sa vie semble être subtilisée par les personnages qu’elle rencontre et  cette recherche introspective motive chacune de ces actions.

Elle poursuit un bonheur qui lui échappe sans cesse.

VD

 

 

 

 

-Bernard Nathalie, Né d’entre les morts, Denoël, 1998, 250 p.

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