SHEPARD Lucius

L’Aube Ecarlate 

 

 

Le château Banat, quel lieu étrange; à l’image de son concepteur, une sorte de rêves et de cauchemars entremêlés dans les méandres d’un monde où le réel n’est plus défini.

Ce décor digne d’un dessin d’Escher est le théâtre d’un meurtre, celui du Nectar, une jeune fille, dont le sang a été soigneusement choisi depuis des générations pour offrir une boisson au pouvoir envoûtant.

Ce sacrilège doit être élucidé car un des membres de la Famille a perpétré ce forfait. Le Patriarche, le maître des lieux et surtout le plus ancien, exige donc une enquête.

Qui mieux qu’un ancien commissaire peut réussir cette tâche si difficile? Michel Behein, encore jeune initié au monde de la nuit va devoir déployer ses capacités de réflexion mais aussi sa patience. Car les vampires présents trouvent dans cette situation, une source d’amusement et une façon de régler certains différents qui divisent les branches de la Famille tels que celle des Valea ou encore des Czege. Leur perversité à se servir des plus jeunes comme de pions est ici une fois de plus démontrée. Ces vampires ne sont pas différents de l’image que nombres de romans veulent bien leur prêter. Des êtres froids, insensibles, calculateurs, qui méprisent les humains et les traitent comme du bétail.

Seuls leurs intérêts personnels et une quête du pouvoir les motivent. Cela Michel Behein va devoir l’apprendre à ses dépends au fil de ce qui ressemble à un parcours initiatique.

Il tient à garder cette part d’humanité qui pour lui est une mine de richesses émotionnelles, mise en péril par son nouvel état, s’attachant à cet espoir vain, cette subtile illusion. Cette lutte intérieure lui permet de ne pas se plier aux exigences de sa nature de prédateur. Il va aussi découvrir l’ampleur du monde des « Mystères », lieu de mort, monde parallèle au pouvoir étrange qui recèle de curieuses créatures hostiles inspirant à notre enquêteur nombres d’interrogations.

Dans ce roman divers ingrédients sont réunis tels que le principe de lignée présent dans les romans de Kim Newman : Anno Dracula, ou Le baron rouge sang par exemple ou encore dans le jeu de rôle Vampire la Mascarade où la famille est composée de plusieurs clans qui respectent une hiérarchie, des codes et surtout fomente de nombreux complots.

L’originalité de ce roman tient au principe du « Mystère », concept proche d’un autre jeu de rôle Selenim où le personnage doit développer son « imago », sorte de monde proche de l’esprit du selenim dans lequel une fois bien développé, il peux se réfugier.

Quel excellent moyen de connaître ses pairs que d’être au centre des intrigues.

VD

 

 

 

-SHEPARD Lucius, L’aube écarlate. Paris, Gallimard, Folio SF, avril 2001. - Réédition

 

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