La comtesse Bathory

« Erzbet, tu es comme une bête. Tu vis tes derniers mois. Tu ne mérites pas de respirer l’air de cette terre, ni de voir la lumière de Dieu, tu n’es plus digne non plus d’appartenir à la société humaine. Tu vas disparaître de ce monde et tu n’y rentreras jamais, les ténèbres t’entoureront. Je te condamne à la prison éternelle dans ton propre château. »

 

Ce sont en ces termes que Thurzo condamne la comtesse Bathory à la découverte de l’enfer sanglant qui règne dans sa propriété de Vienne.

 La famille Bathory est originaire de Transylvanie, les mariages consanguins successifs transmette de nombreuses tares aux descendant ainsi qu’une maladie étrange et inconnue dans les temps reculés : l’épilepsie.

Erzebet est le fruit d’un mariage consanguin entre Anna (sœur d’Etienne Bathory, prince de Transylvanie en 1571 et roi de Pologne en 1575) et son cousin Gyorgy Bathory.

Née en 1560, elle passe sa vie dans de grands châteaux où règne constamment la menace turque. Alors âgée de onze ans, elle se retrouve fiancée à Ferenz Nadasdy de cinq ans son aîné. Grand combattant devant l’ennemi turc, il obtiendra le titre de Prince Noir pour sa bravoure. Comme le veut la tradition, Erzebet est alors élevée par sa belle mère qui la prive des joies de l’enfance et la confine dans de pieuses lectures.

Le mariage célébré quatre ans plus tard, en 1575, scelle l’union des deux familles les plus puissantes du pays. Les jeunes mariés vivent à Csejhe dans un château sombre et lugubre sur une montagne désertique où Erzebet s’ennuie pendant que son mari guerroie. Sa cruauté ne tarde pas à se manifester, un témoignage raconte que pour la punir, elle fit mettre à nu une parente de son mari, la fit enduire de miel et l’abandonna un jour et une nuit dans le jardin à la merci de tous les insectes. Mais cela reste anodin en comparaison de ce qu’elle fera plus tard.

A la mort de sa belle mère en 1579, elle voyage, se rend à Vienne où les rumeurs sur les cris des jeunes femmes qu’elle assassinerait lui valent le surnom de Blutgräfin : la comtesse sanglante.

Vers 1595, le couple va acquérir une vieille bâtisse à Vienne et il fut raconté que chaque matin ses serviteurs jetaient dans la rigole des seaux d’eau rougit et que pour qu’elle puisse atteindre son lit, il fallait l’entourer de cendres car les flaques de sang étaient si grandes qu’elle ne pouvait les franchir.

 « Même en son palais de Vienne, la comtesse cherchait un endroit ou pourvoir les torturer à l’abri, il fallait toujours laver les murs et le plancher. » *Témoignage d’une de ses servantes lors de son procès.

 Erzebet est pourtant la mère attentive et aimante de ses trois enfants mais elle doit palier à l’ennui et surtout elle veut trouver une solution pour ne pas subir le passage du temps.

 Après la mort de son mari le 4 janvier 1604, Erzebet devient impitoyable et ses complices et serviteurs redoublent d’effort pour lui trouver des victimes souvent échangées contre de la nourriture et d’autres récompenses dans les villages avoisinant. Mais la rumeur s’étend et à la fin de l’année 1610, Gyorgy Thurzo mène une perquisition dans la demeure de Vienne. La vérité prend forme dans un spectacle terrifiant, du sang, des corps, des jeunes femmes attendant les prochaines séances de tortures et n’ayant pour pitance que la chaire grillée de leurs compagnes mortes.

Dans ses appartements, on découvre des pentacles et divers appareillages pour des messes impies, des escaliers secrets mènent aux cachots et aux salles de tortures. Malgré la demande de Thurzo, le roi refuse que l’affaire soit étouffée malgré l’intérêt des descendants et au rang de la famille Bathory.

Le procès se déroule à Biese entre le é et 7 janvier 1611. Ses serviteurs, tous exécutés, témoignèrent de la cruauté de la comtesse, des séances de doigts cisaillés, de membres brûlés au fer, de nez arrachés,…

En avril, la sentence de Thurzo est confirmée, bien que le roi eut demandé l’exécution de la comtesse, Erzebet sera emmurée dans sa demeure avec juste une brèche pour lui apporter de la nourriture.

Elle meurt le 21 août 1614 et depuis des légendes entourent le lieu de son décès. Personne n’a affirme que la comtesse était un vampire mais tous les témoignages s’accordent à dire qu’elle prenait grand plaisir à boire le sang de ses victimes, à se baigner pour croyait elle préserver la jeunesse de son corps. A cinquante ans, aux dires des témoins, elle présentait un aspect de jeunesse effrayant et une pâleur laiteuse aussi terrifiante que fascinante. Sans doute trouvait elle en l’hémoglobine quelques vertus thérapeutiques… 

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