Loup-Garou

Loup-Garou

 

« L’homme est un loup pour l’homme, un monstre. »

                                                                            Montaigne

Historique :

Le loup est un animal, qui a de tout temps représenté un danger, enveloppé par une aura de mystère et de maléfice. Comme le chat il est nyctalope, les yeux brillants lui confèrent cette impression étrange d’un regard malfaisant. La transformation des dieux en divers animaux alimente les croyances d’êtres ayant la faculté de se transformer soit en une bête soit une entité mi homme mi animal .1 Cette métamorphose est perçue comme une punition divine.

Dans l’Antiquité, le loup est un animal redoute qu’il ne faut surtout pas croiser sous peine de devenir muet, sans doute pour ne pas ensuite raconter ce que l’on aurait pu voir !

Dans les écrits d’Hérodote au V me siècle av. J-C et de Pline, on trouve l’histoire concernant la peuplade scythe des Neuriens qui avaient la faculté de se transformer en loup une fois par an.

Dans le Satiricon de Pétrone, un soldat se change en loup et dévore un troupeau sous les yeux  de l’un de ses esclaves appelé Nicéros.

Chez les Romains, si un loup était présent sur un champ de bataille, cela leur assure la victoire car il est un des attributs du dieu de la guerre, Mars. Il est aussi le symbole du soleil levant, lié ainsi au dieu Apollon. La louve est liée à la fondation de la ville de Rome, cela lui octroie une place privilégiée dans cette civilisation.

En Egypte, il est aussi lie au culte du soleil car il peut voir la nuit, Upuant, le dieu loup guide ainsi la barque de Ré. De plus Osiris emprunte cette apparence pour revenir des enfers et aidé sa femme dans son combat contre Typhon.

Au Moyen Age, les croyances populaires serbes, slovènes et polonaises condamnent les enfants nés avec des cheveux ou une tache de vin à devenir des loups garous. Ils ont alors la réputation d’être rusés et sanguinaires et surtout ils ont les capacités de double vue et de métamorphose.

Au XV eme siècle, l’empereur germanique Sigismond fit réunir différentes autorités pour débattre du problème de l’existence et de cet être protéiforme et il fut admis que cela pouvait exister.

En France, sous louis XIII, un homme, Gilles Garnier dévora une petite fille et ramena les restes à sa femme. Il fut condamne au bûcher pour sorcellerie en 1573 à Dôle.

Ce n’est qu’à partir du règne de Louis XIV que le doute sur l’existence de telles créatures s’installe. Les personnes inculpées sont alors enfermées et l’on prête une sorte de déficience mentale.

Les croyances populaires qui concernent ce mythe sont très riches et abondantes. Ce mythe reste proche de celui du vampire même s’il ne bénéficie pas d’un engouement et une popularité aussi prononcés. Les textes, récits et témoignages et autres écrits sur ces créatures sont nombreux.

Etymologie :

Lycanthropie = Lykos : loup

                          Anthropos : homme

Loup-garou signifie « le loup dont il faut se garder » selon François Phoebus, le comte de Foix.

Le terme lycanthropie aurait une origine mythologique car le souverain d’Arcadie, Lycaon aurait été métamorphose en loup mais en gardant sa conscience humaine. Cette punition lui fut infligé par Zeus car il avait servit à celui-ci un enfant tout juste égorge. Sa cruauté fut ainsi punit. Il pourrait être considère comme étant le premier loup garou.

 

Causes de la transformation :

Un autre souverain, Nabuchodonosor (roi de Chaldés de 605 à 562 av. J-C) fut quant à lui transformé en bœuf (il s’agit alors de bousanthropie) par le Dieu d’Israël pour le punir de son caractère belliqueux qui le poussa à conquérir Jérusalem.

La transformation de ces deux rois est une punition divine pour les punir de leu cruauté et les réduit ainsi à un état proche de leur comportement bestial.

Mais parfois cela peut être volontaire, soit par un pacte avec le diable qui offre alors un onguent (composé entre autre de suc de belladone qui engendre des délires) ; Soit cela peut être un envoûtement qui prend effet les soirs de pleine lune (cette croyance étant la plus répandu et la plus utilisée dans les films fantastiques).

Le rapport avec l’astre lunaire confère une part d’ésotérisme important à ce mythe.

Autre possibilité propose par Eliphas Lévi qu pense qu’il suffit à la personne de rêver qu’el est un loup. En libérant son corps astral, elle peut battre la campagne sous la forme d’un loup garou et ainsi assouvir ses instincts bestiaux.

Il existe un trouble psychologique qui amène les personnes à se considérer comme étant des loups et qui agissent en tant que tel, elles peuvent bien entendu être dangereuse et leur mal est connu sous e nom de lypémanie. « La phobie de la métamorphose, nous écrit le Dr Borel les précipites dans la métamorphose. A l’inverse des schizophrènes, les sujets possédés savent fort bien distingues les espèces, au point qu’un dément en 1541 se fit retourner la peau par des chirurgiens, inquiet de savoir s’il avait des poils de loup retournes au-dedans² ».

Cela trouve diverses explications, selon Sprenger : « le loup garou est un loup véritable que possède un démon qui le rend féroce, audacieux, invulnérable 3

Tout être humain mordu par un loup garou et qui ne meurt pas de ses blessures est irrémédiablement frappé par la malédiction.

A la différence du vampire, la transformation est momentanée et de courte durée alors que l’état de non morts est permanent et irrévocable.

 

Reconnaître un loup garou :

C’est un être triste, mélancolique et solitaire qui répugne à se rendre à la messe. Sa faiblesse d’esprit permet au démon de l’influencer en lui octroyant un grand pouvoir en se transformant.

Physiquement on peut remarquer que ses sourcils se rejoignent et le dessus de ses mains est pourvu d’une pilosité abondante et dont le pouce est souvent gros et court.

Cette hypertrichose est un facteur déterminant à leur identification. Sont considèrées comme loups garous toutes personnes qui se croient métamorphosées ou qui se déguisent pour le faire croire.

 

Tuer un loup garou :

Il suffit d’utiliser une arme à feu chargé de balles d’argent (intéressant de constater que ce métal est étroitement lié à la lune) ou de bénir les cartouches. Certaines croyances conseillent de le frapper avec une clé ou de verses son sang pour que l’être reprenne sa forme humaine. Lorsqu’il meurt, le loup garou a des fortes chances de devenir un vampire, par conte l’inverse n’est pas vrai.

A la différence d’un vampire qui est déjà mort, un loup garou est vivant est parfois son état est du au fait que son corps humain dort et ce n’est que son corps astral qui se meut à travers les champs. Il n’a pas la possibilité de se régénérer comme son cousin des ténèbres ! Ainsi s’il est blesse, il garde cette blessure même une fois qu’il reprend son apparence humaine. Cela peut jouer contre lui et fournir la preuve de ses méfaits. Au XV et XVI eme siècle, la France va connaître une « épidémie » de loups garous qui se retrouvent au même titre que les sorciers condamnés au bûcher. On recense alors plus de 30 000 procès.

 

Ouvrages à consulter :

·     Jean GOENS, Loups-garous, vampires et autres monstres, enquêtes médicales et littéraires, CNRS, 1993, 143p.

Ce livre contient des renseignements assez succincts mais de qualités sur les mythes du vampire, loup garou et autres créatures mais aussi sur des figures historiques telles que Richard III, Joseph Merrick, Jack l’Eventreur, et littéraires comme Quasimodo.

La bibliographie classe les différents ouvrages selon les thèmes abordes et comporte des ouvrages rarement cités comme référence.

L’auteur souligne l’importance du Malleus Maleficarum et de la sorcellerie mis en relation avec les loups garous. On trouve aussi les procédures judiciaires ainsi que des descriptions sur les croyances de différents pays. Cela permet d’avoir à disposition une lecture sur des renseignements claires et concis.

·     Claude Seignolle, La Malvenue et autres récits diaboliques, Marabout

·     Claude Seignolle, L es évangiles du diable, Robert Laffont, 1998, 1029 p.

Dans ce recueil, Claude Seignolle nous offre une histoire très classique mais aussi très originale dans son dénouement. Du même auteur, Les évangiles du diable forme un précieux recueil sur les croyances des campagnes françaises.

·     Barbara SADOUL, Gare au garou, Librio n° 372

Cette anthologie regroupe comme celle consacrée au vampire de la même collection (les cents de Dracula, voir article) et du même auteur , huit textes essentiels qui permettent d’apprécier la littérature consacrées a ces créatures si peu connues en dehors de l’image donne par le cinéma.

·     Roland VILLENEUVE, Loups garous et vampires, les amants de la mort. Pierre Bordas, 1991, 340p. 

Ouvrage incontournable qui regroupe une étude sur les deux créatures de la nuit.

 

 

VD

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